Samedi, Novembre 18, 2017

Journée internationale des migrants

18 Décembre

Le 18 décembre est célébrée la Journée Internationale des Migrants . C’est l’occasion, dans le monde entier, de réaffirmer et de promouvoir les droits des migrants. La date a été choisie il y a quatre ans par l’ONU pour attirer l’attention sur une convention adoptée par l’assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 1990 mais restée inapplicable faute de ratifications suffisantes.

Cette Convention pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille concerne tous les migrants qui « vont exercer, exercent et ont exercé » un travail pendant « tout le processus de migration ». Pour tous, avec ou sans papiers, des droits fondamentaux sont réaffirmés en « considérant la situation de vulnérabilité dans laquelle se trouvent fréquemment les travailleurs migrants et les membres de leurs familles ».

Les migrants dans le monde

L’Europe accueille 15 Millions d’immigrés sur les 175 Millions de par le monde.
La Convention n’est entrée en vigueur que le 1er juillet 2003. A ce jour, 27 Etats l’ont ratifiée : seulement des pays d’émigration, aucun des pays les plus industrialisés. Depuis quatorze ans, la France, ses partenaires européens et la plupart des pays d’immigration de la planète éludent la ratification. Pourtant la défense des droits de l’homme a une portée universelle et ne peut donc pas exclure les migrants.

Pas de nouveaux droits

Depuis 1990, la précarisation des droits des migrants est en aggravation constante. L’Union européenne offre la libre circulation aux citoyens des Etats membres tout en durcissant, pour les autres, les règles de l’asile et du séjour ; le principe de non-discrimination inscrit dans le traité d’Amsterdam a pourtant exclu la discrimination fondée sur la nationalité.

Face à la dégradation des droits des migrants, les Nations unies ainsi que de nombreuses institutions européennes ou organisations de la société civile rappellent l’importance de la convention des Nations unies. Le gouvernement français qui prône un rôle accru des Nations unies dans les affaires internationales ne doit pas rester sourd à ces appels.

Pays signataires par ordre chronologique :

  • Egypte, Salvador, Maroc en 1993
  • Seychelles en 1994
  • Colombie, Philippines, Ouganda en 1995
  • Sri Lanka, Bosnie-Herzégovine en 1996
  • Cap Vert en 1997
  • Azerbaïdjan, Mexique, Sénégal en 1999
  • Ghana, Guinée Bissau, Bolivie en 2000
  • Belize, Uruguay en 2001
  • Equateur, Tadjikistan en 2002
  • Guatemala, Mali, Burkina Faso, Kirghizstan en 2003
  • Timor Occidental, Libye, Turquie en 2004.


Journée internationale des migrants, 18 Décembre 2013

Statement by Committee on Migrant Workers on Migrant workers’ rights: 10 years of progress but huge challenges remain

GENEVA (4 July 2013) - Ten years ago this week, the International Convention on the Rights of All Migrant Workers and Members of Their Families (ICRMW) entered into force. The Committee on the Protection of the Rights of All Migrant Workers and Members of Their Families celebrates this and recalls that all migrant workers are, first and foremost, human beings with inalienable rights. They enjoy protection under the international human rights system, regardless of their nationality or immigration status.

Migrants are not commodities nor are they just economic or political actors. They are producers and drivers of societal change. Throughout the world migrants are best placed to contribute to society when their rights are respected.

In an area of policy that many have long considered too sensitive, the ICRMW has so far been ratified by forty-six countries, including countries of origin, transit and destination. As globalisation changes the face of migration, States Parties who were countries of origin when they ratified now find themselves dealing with the realities of migrants travelling through their territory or indeed being a destination. They realise that, in addition to providing a framework for state action in relation to migrants, the ICRMW is a helpful tool to deal with questions about international migration.

The Committee celebrates the advances within the global migration debate since the ICRMW was drafted and the shift in perceptions. Human beings are now recognized as being at the core of migration, no longer seen as merely economic agents. It is only through the protection and respect of the human rights of all migrants that migrant workers are able to contribute to the economic, social and human development of both their countries of origin and host countries. The Committee recalls that the universal protection of human rights, particularly workers’ rights, is the best strategy to prevent abuses and address the vulnerability that migrant workers face. The Committee thus urges all states to ratify the Convention.

Background

The ICRMW does not create new standards for migrants different from those provided by general human rights law. It does not oblige States to regularise the situation of irregular migrant workers or reach above general international human rights standards which protect all human beings, but it does give a specific framework for regulating international migration based on human rights and due process guarantees. Irregular migrants have rights under all human rights instruments, not just ICRMW and refusing to ratify the Convention will not release states from the obligation to provide fundamental standards of protection to all migrants regardless of their immigration status.

ICRMW is one of the core international human rights instruments, and is firmly grounded in the principles and standards of the wider human rights framework. ICRMW provides guidance to States on a range of measures related to migration governance based on human-rights which include the dismantling of social barriers that obstruct the full participation of everyone, including migrants, in economic and social life. The Committee on the Protection of the Rights of All Migrant Workers and Members of their Families (CMW) is the body of independent experts that monitors implementation of the International Convention on the Protection of the Rights of All Migrant Workers and Members of Their Families by its State parties.

For more information http://www2.ohchr.org/english/bodies/cmw/index.htm


Journée internationale des migrants, 18 Décembre 2011

Message du Secrétaire générale

Les migrations touchent tous les pays et les mythes et les préjugés que font naître leurs conséquences n’en épargnent aucun.

Il y a tant d’idées fausses à ce sujet!

Ainsi, on croit à tort que les migrants sont une charge, alors qu’en réalité ils apportent beaucoup à leur pays d’accueil. Travailleurs, ils apportent des compétences. Entrepreneurs, ils apportent des emplois. Investisseurs, ils apportent des capitaux. Dans les économies avancées et émergentes, ils jouent un rôle indispensable dans l’agriculture, le tourisme et le travail domestique. Souvent, ce sont eux qui prennent soin des membres les plus jeunes ou les plus âgés de la société.

Certains considèrent l’immigration illégale comme un délit. Beaucoup pensent que les immigrés sans papiers sont dangereux pour la société, qu’ils devraient être arrêtés, ou que toutes les femmes qui émigrent pour occuper des emplois peu qualifiés sont victimes de la traite.

Ces mythes, entre autres croyances infondées, font adopter des politiques de l’immigration qui sont au mieux inadaptées et au pire dangereuses.

Les États ont, certes, le droit souverain d’administrer leurs frontières. Ils ont, aussi, le devoir de se conformer aux obligations qu’ils ont contractées en droit international. Or, en vertu du droit international des droits de l’homme, tout être humain, sans discrimination aucune et quels que soient sa nationalité ou son statut officiel, peut jouir de ses droits fondamentaux. Aucun migrant ne devrait être renvoyé là où il risque d’être torturé. Aucune migrante ne devrait rester privée de soins, notamment en matière de procréation. Aucun enfant migrant ne devrait être privé de l’école.

Les droits de l’homme ne sont pas un acte de charité ni une récompense que l’on attribue à celui qui respecte les règlements d’immigration. Les droits de l’homme sont la prérogative inaliénable de tous les êtres humains, y compris 214 millions de migrants et leurs proches.

Quarante-cinq pays ont ratifié la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. J’invite tous les autres à souscrire à ce grand texte pour s’engager concrètement à protéger et promouvoir les droits de l’homme de tous les migrants sur leur territoire.

Lorsque leurs droits sont violés, lorsqu’ils sont marginalisés et exclus, les migrants ne peuvent rien apporter, ni financièrement ni socialement, à la société qu’ils ont quittée ni à celle qu’ils rejoignent. En revanche, lorsque les migrations sont soutenues par une bonne politique et par la protection des droits de l’homme, elles peuvent être un facteur de progrès pour les personnes autant que pour les pays, qu’ils soient pays d’origine, pays de transit ou pays de destination.

Donnons un contenu constructif à cette Journée internationale des migrants en agissant de manière à démultiplier un phénomène planétaire en une dynamique de progrès.

Ban Ki Moon