Libreville, 15 juillet 2026 – Le Gabon franchit une étape décisive dans la promotion des droits humains et le renforcement de l'État de droit avec le lancement de deux ateliers stratégiques dédiés à la validation d'un registre harmonisé et normalisé des lieux de détention ainsi qu'au renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale sur les pratiques de détention conformes aux normes internationales des droits de l'homme.
La cérémonie d'ouverture a été présidée par Monsieur Augustin Emane, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, et Madame Fatou Aminata Lo, Coordinatrice Résidente du Système des Nations Unies au Gabon, en présence de nombreux responsables institutionnels et experts nationaux.
Un registre harmonisé pour une meilleure protection des droits fondamentaux
Organisés avec l'appui du Centre des Nations Unies pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique centrale (CNUDHAC), ces ateliers s'inscrivent dans les efforts engagés par le Gouvernement gabonais pour moderniser l'administration de la justice, améliorer la gouvernance des lieux de détention et garantir une meilleure protection des personnes privées de liberté.
Réunissant une trentaine de représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale, de l'Administration pénitentiaire, du Barreau du Gabon, des Forces armées, du Parquet ainsi que des magistrats et experts spécialisés, les travaux visent à mettre en place un outil unique de gestion et de suivi des personnes détenues.
Au cours de la première journée, les participants ont procédé à un examen approfondi du projet de registre harmonisé de détention afin d'en renforcer la pertinence opérationnelle, la fiabilité et la conformité aux standards internationaux des droits humains.
Prévenir les détentions arbitraires et renforcer la transparence judiciaire
Une fois adopté, le registre harmonisé constituera un instrument essentiel pour :
- Harmoniser les pratiques d'enregistrement dans tous les lieux de détention ;
- Améliorer la traçabilité des personnes privées de liberté ;
- Faciliter le contrôle judiciaire des détentions ;
- Prévenir les risques de détention arbitraire ou prolongée ;
- Renforcer la transparence et la redevabilité des institutions judiciaires.
Cette initiative contribuera ainsi à promouvoir une justice plus efficace, plus transparente et davantage respectueuse de la dignité humaine.
Renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale
En parallèle, une formation spécialisée est dispensée aux différents acteurs de la chaîne pénale afin de renforcer leurs connaissances sur les pratiques de détention conformes aux droits de l'homme.
Cette formation met particulièrement l'accent sur l'application des instruments internationaux de référence, notamment les Règles Nelson Mandela des Nations Unies et les Lignes directrices de Luanda sur les conditions d'arrestation, de garde à vue et de détention provisoire en Afrique.
Un engagement renouvelé pour une justice respectueuse des droits humains
Dans son allocution, le Ministre de la Justice a rappelé que « la liberté est le principe et la détention l'exception », soulignant que le respect des droits humains demeure au cœur d'une justice crédible, moderne et efficace.
De son côté, la Coordinatrice Résidente des Nations Unies a salué les avancées réalisées par le Gabon et réaffirmé l'engagement des Nations Unies à accompagner les réformes nationales visant à renforcer la protection des droits fondamentaux et la bonne gouvernance judiciaire.
À travers cette initiative, le Gouvernement gabonais, le Système des Nations Unies et le CNUDHD-AC réaffirment leur volonté commune de faire des lieux de privation de liberté des espaces conformes aux standards internationaux des droits humains, contribuant ainsi à la réalisation de l'Objectif de développement durable (ODD) 16, consacré à la paix, à la justice et à des institutions efficaces.